Commençons par le début…
Dans le ventre de sa mère, le bébé baigne dans le liquide amniotique, ce qui lui permet de ne pas subir l’effet de la pesanteur. Etant de plus en plus à l’étroit, le bébé va d’abord ressentir les notions d’appuis contre la paroi utérine avant de découvrir la notion d’équilibre à la naissance.
A la naissance, le bébé découvre un nouveau milieu aérien, très différent du ventre de sa mère et subit alors les forces de la gravité.
Pendant les trois premiers mois, le bébé ne maîtrise pas son corps et ses mouvements sont involontaires (ce sont des réflexes). Mais il commence cependant à ressentir la notion d’équilibre lors des moments de portage dans les bras des parents, lors des changes avec la bascule du corps… Ces temps sont donc très importants pour le bébé qui prend conscience de ses appuis (son bras prend appui du côté opposé à la fesse surélevée…), son axe corporel ( = ligne au niveau de la colonne vertébrale autour duquel le corps pivote) et son centre de gravité (= centre de l’équilibre). Tous ces éléments vont permettre quelques mois plus tard, la verticalisation (= fait de se redresser).

A partir de 3 mois, le tout-petit découvre son corps : ses mains qui passent devant son regard, ses pieds qu’il porte à la bouche. Cela lui procure des mouvements d’enroulement au niveau de l’axe corporel et au niveau du bassin qui seront importants dans les étapes ultérieures comme les retournements, la position assise… Le bébé commence alors à contrôler son corps. Il va s’intéresser aux objets qu’il peut attraper et va explorer ce qui est à côté de lui. C’est ainsi qu’il va commencer à pivoter son buste pour se tourner. Bébé va donc se faire ses premières expériences d’équilibre. Petit à petit, ses appuis vont pouvoir diminuer. Lorsque bébé fait l’avion (position sur le ventre, bras et jambes en l’air), il joue de son équilibre et cherche son centre de gravité. Il va ensuite avoir l’envie de se redresser, découvrant la position assise et debout, avec un champ visuel beaucoup plus grand.

On remarque bien quand l’enfant commence à marcher, l’équilibre qui se consolide doucement : l’enfant prend d’abord appui sur des meubles ou sur les mains des parents, puis il peut lâcher une main, parfois même les deux, en restant debout. Puis il fera quelques pas seul, puis un peu plus… On observe également les jambes très écartées dans le début de la marche. On parle de « polygone de sustentation » : on imagine un triangle imaginaire entre les deux pieds et le centre de gravité. La base (trait entre les deux pieds) sera d’autant plus petit que l’équilibre sera bon. En maternelle, on cherchera à consolider cet équilibre avec des jeux de marche de funambule (le polygone de sustentation est alors très réduit), de marche sur une poutre, marche sur la pointe des pieds, sauts pieds-joints et plus tard sauts cloche-pieds, les patins à roulettes… L’équilibre s’améliore petit à petit tandis que le besoin d’appui diminue.

Certains adolescents / adultes chercheront à perfectionner leur équilibre : avec la pratique du skate ou wave board, de la slack line (= corde tendue entre deux arbres), de la voltige, du hip-hop, du surf etc. Mais ceci correspond à un perfectionnement et non une norme donc ne vous inquiétez pas si vous êtes tombés la première fois où vous avez mis votre pied sur un skate… C’est la pratique / l’entrainement, qui permettra le perfectionnement.

Vous savez donc maintenant comment l’équilibre se construit… Mais de quoi avons-nous besoin pour construire sereinement notre équilibre ?

Blandine LIGNEY
Psychomotricienne

 

Publicités