Après avoir vu comment l’équilibre se construisait et quelles étaient les entités nécessaires à un bon équilibre, prenons le temps de comprendre quels peuvent être  les différents facteurs à l’origine de troubles de l’équilibre…

Les troubles visuels :
Nous avons vu l’importance de la vision pour maintenir un équilibre. Un bébé avec une déficience visuelle aura donc plus de difficultés à construire son équilibre. Le nystagmus (mouvement d’oscillation involontaire du globe oculaire) va également entraver l’équilibre par la difficulté à construire des repères. Dans les troubles de l’équilibre, il pourra être nécessaire de faire vérifier la vue auprès d’un spécialiste.

Les troubles de la mémoire :
La mémoire corporelle / sensorielle permet de donner du sens à ce que l’on observe (j’observe un flaque d’eau => je sais que je risque de glisser). Lorsque cette mémoire est défaillante (déficience intellectuelle, perte de mémoire type maladie d’Alzheimer…), le corps ne va alors pas analyser la situation en lien avec les connaissances déjà vécues (lorsqu’il y a un tapis, je dois lever un peu plus le pied…). On assistera alors à davantage de chutes.

Les troubles vestibulaires :
Lorsque l’oreille interne est atteinte, le système vestibulaire ne parvient pas à renseigner le cervelet sur la position de la tête et la personne ressent alors une sensation de vertiges (les informations reçues sont incohérentes). Il est alors recommandé de passer un bilan ORL.

Le syndrome de Déficience Sensorio-Proprioceptive (SDSP) :
Ce syndrome, encore peu connu en France, est une déficience au niveau des capteurs internes (au niveau des muscles / articulations…) qui renseignent le cervelet à mauvais escient. Lorsqu’on demande à ces personnes de se tenir droite, on note en réalité un décalage avec la verticale. Ce syndrome serait notamment présent chez les enfants dyslexiques. En ayant une conscience corporelle moins développée, il est alors plus difficile de tenir son équilibre.

Les troubles émotionnels et le manque de confiance en soi :
Comme évoqué dans d’autres articles, les émotions positives vont permettre la sécrétion d’une molécule BDNF (Brain-Derived Neutrophic Factor) qui favorise la multiplication des connexions neuronales. Dans un contexte difficile émotionnellement ou lorsque la personne manque de confiance en elle, les connexions se développeront moins rapidement et on comprend alors que la construction de l’équilibre se fera plus doucement.

Le syndrome cérébelleux :
Le syndrome cérébelleux est une atteinte du cervelet ou des neurones adjacents. Le cervelet ayant du mal à intercepter et analyser les informations reçues, la réponse motrice est alors inadaptée avec une démarche faisant penser à une personne en état d’ébriété.  Seule l’IRM permet de noter une éventuelle atteinte du cervelet.

Cette liste n’est pas exhaustive. Certaines maladies comme la Sclérose en plaques provoqueront des troubles de l’équilibre du fait de la dégénérescence des nerfs…

 

Blandine LIGNEY
Psychomotricienne

 

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